Le passé lointain avait laissé de nombreux vestiges de
sépultures sur le territoire de la commune. Ce petit travail a pour
objet de rappeler les trouvailles anciennes, dont certaines sont complètement
oubliées de nos jours.
Les témoins les plus anciens sont peut-être les menhirs.
Ils datent de 7000 ans environ, l'époque du néolithique.
En fait, on ne sait pas qui les a dressés, ni pourquoi, mais ils
ont peut-être eu un rôle funéraire, jalonnant l'espace
et le temps qui passe.
Les dolmens et allées couvertes, qui semblent plus tardifs étaient
probablement des sépultures collectives. Ils datent également
du néolithique. On a pu penser que tous les dolmens ont primitivement
été couverts de terre. C'est probablement faux. On n'en connaît
pas à Plouguin, mais l'un a été signalé à
Lannalouarn (non répertorié) et un autre, entre Menez an
Harz et Tréfléac'h a été autrefois déplacé
à Kerascouet, deux grandes dalles de granit en marque peut-être
encore l'emplacement.
A l'âge du bronze ancien, il y a 4000 ans sont apparues les inhumations
individuelles. Plusieurs types de caveaux se sont alors succédés.
Leur importance et leur mobilier nous permettent de deviner des périodes
fastes ou plus pauvres. Au début de l'âge de bronze, il semble
exister une certaine aristocratie aisée: les princes armoricains,
enrichis par la production de métaux . Les exploitations d'étain
de Saint-Renan et de Bourg-Blanc sont bien connues. Elles ont été
en activité dès l'âge du bronze. Sur Plouguin, il existe
également des traces de minerai d'étain (cassitérite)
mêlé au quartz du secteur de Kergonguy.
Les tombes de cette époque sont sous des tumulus imposants;
elles sont recouvertes de dalles épaisses. Outre des traces de cendres
ou de bois, elles contiennent parfois un poignard de bronze ou un vase.
C'est aussi l'époque des tombes à pointe de flèche
en silex, mais cela semble inexistant à Plouguin. Différents
synonymes désignent les tumulus: galgals, dorgen, krugel, reun;
cela permet parfois de localiser les ouvrages: Park ar dorgen, Kerhuguellou,
le Kruguel.
A Castellourop, le tumulus recouvrait une dalle épaisse de 1
m!. Elle fermait une chambre en pierres sèches de 2m40 sur 2m, profonde
de 1m20, avec un plancher en chêne et contenant un vase à
4 anses de 20 cm de haut, caractéristique des céramiques
de la région. Ce vase, en argile mal cuite, de couleur grise n'était
pas une urne funéraire mais avait sans doute contenu des provisions
ou des présents pour le long voyage...(Le
tumulus de Castellourop) (7K)
D'autres grands tumulus existent sur Plouguin: Kerhuguellou Lannalouarn,
Kroas hir, Tréouré (soulignons la proximité du lieu-dit
"le Krugel"). Ils recouvrent probablement une grande dalle en pierre, et
peut-être un poignard de bronze est-il toujours en place sous la
pierre.
Le tumulus de Kroas Hir a été fouillé, en 1882
Il contenait un squelette, sous une dalle recouvrant une fosse creusée
dans le sol même du champ.(Cadastre, parcelle 314 section K). Des
fragments de poteries, des grattoirs en silex et des pointes de flèches
furent également trouvés dans la terre recouvrant le tumulus.
Enfin, de grands tumulus ont disparu. On en signale par exemple à
Lanmeur (qui veut dire grand ermitage ?) à Kerozal et sans dout
à Guelet ar C'hoat; même leur souvenir en est perdu.
A côté des grands tumulus existaient aussi de véritables
cimetières où étaient groupées de nombreuses
sépultures. Chaque tombe était un simple tumulus de dimension
réduite. Leur fouille ne mettant à jour que quelques traces
paraissant de la cendre, ou des tessons de poterie. Entre Larivanan et
Castellourop il y en avait 22, fouillés en 1882. A cette époque
les recherches archéologiques effectuées grossièrement
par des ouvriers locaux sans formation particulière consistaient
seulement à creuser les tombes pour en prélever au plus vite
les objets éventuellement enterrés. Certains existaient il
y a encore une vingtaine d'années, mais ont été détruits.
Aucun trésor n'y a été trouvé !
A Larivanan, la fouille d'un tumulus mit à jour quelques anneaux
en bronze de tailles variées. Ce tumulus fut aplani vers 1860.
D'autres sépultures étaient constituées de caveaux
en maçonnerie réunis en petits cimetières. Les travaux
agricoles ont ainsi permis de découvrir des tombes anciennes dans
plusieurs sites: A Kerhuguellou existaient des dalles de pierre recouvrant
des tombes. Une lame de " poignard en bronze" brisée fut découverte
sous une dalle. En fait il s'agissait d'un fragment de poignard-hallebarde
en cuivre arsenié (3K) du chalcolithique (époque du cuivre
qui a précédé le bronze). Il se trouve en vitrine
au musée de Penmarch. Ce type d'arme est rare. Il ressemble à
des objets du même type trouvés en Europe centrale, mais aussi
à des représentations gravées sur les dalles montagneuses
de la Vallée des Merveilles (Mont Bago, Alpes maritimes). Les précisions
manquent concernant le modèle des tombes et leur nombre.
A Kervatous il a été trouvé cinq ou six tombes
maçonnées.
A Lannalouarn, un peu au delà du menhir, 6 tombes furent aussi
ouvertes, ne donnant lieu à aucune trouvaille notable.(Sépultures
de Lannalouarn) (9K)
Enfin, à Kerégan il y avait aussi quelques tombes de
l'époque du bronze.
Au bronze moyen et final il y eut des périodes moins fastes.
Les sépultures étaient moins riches. Seuls quelques tessons
de céramiques y étaient trouvés. Parfois la tombe
était un simple coffre constitué de six pierres, ou alors
les cendres des défunts incinérés étaient enterrées
dans des urnes.
Mais ces exemples ne semblent pas avoir été relevés
à Plouguin. Il est probable que l'apparition du fer accompagna un
certain déclin local.
Bien que cela ne soit pas absolument certain, il est probable que les
stèles (9K) celtiques ont été
dressées pour signaler des sépultures.Sur Plouguin il y en
a au moins une quinzaine.
Leur site d'origine ne peut-être précisé. Elles
ont été déplacées au cours des siècles.
Parfois réutilisées. Les plus anciennes sont peut-être
les deux petites stèles de l'enclos. Ont-elles été
déplacées ? Ou bien indiquent-elles qu'avant d'être
un lieu de culte chrétien, le centre du bourg avait été
occupé par une autre civilisation ?
Les 4 pierres rondes que l'on trouve à Plouguin, ou stèles
basses, semblent plus élaborées, donc peut-être plus
récentes (Balaren (43K), Gwelet ar C'hoat,
Kerventuric, Presbytère). Cette dernière est particulièrement
remarquable puisqu'elle fut réutilisée et christianisée.
On voit là un exemple de conflits anciens entre les croyances.Une
autre stèle basse se trouve à Kerascouet en Coat-Méal;
elle a probablement ét déplacée de Plouguin au siècle
dernier.
Au Concile de Tours en 566 puis de Nantes en 658 il fut décidé
de lutter contre le culte des pierres (mais aussi des arbres): "Il est
aussi en des lieux désolés et sauvages des pierres auxquelles
des gens dupes des illusions des (démons) rendent un culte et où
ils vont accomplir des voeux et porter des offrandes". Mais il est probable
que la destination initiale des stèles était déjà
oubliée. Leur pouvoir magique en particulier pour la fécondité
(pierres phalliques) étant probablement une croyance bien postérieure.
Toujours est-il qu'il semble que le clergé ait plus facilement annihilé
les religions antiques en détournant les anciennes traditions et
les anciens lieux de culte vers des croyances chrétiennes qu'en
les interdisant.
Il y a aussi plusieurs stèles hautes à Plouguin: Kerléguer
(55K), Kerénes, Bourg (est-ce réellement une stèle
?), Kérozal et un regroupement de plusieurs stèles hétérogènes
dont certaines sont découpées à Coulloudouarn. Celle
de Kerénez, au sommet abîmé ayant sans doute autrefois
soutenu la belle croix ponctuée de grains de feldspath rose qui
se trouve à côté.
Certaines stèles semblent être d'anciens menhirs retaillés;
beaucoup ont, elles aussi, été réutilisées,
dans les constructions par exemple. Elles sont très diverses dans
leurs formes et leurs tailles. Les plus nombreuses ont 4 faces latérales,
mais Il en existe aussi à 8 , 10 , 12 faces
Ce qui paraît certain, c'est la grande habileté des artisans
qui les ont sculptées. Il s'agissait sans doute de spécialistes
itinérants (?)
Les inhumations du Moyen-âge ont disparu, de même que les
cimetières de Locmajan et de Saint Julien.