Le Néolithique et l'âge du bronze à
Plouguin
Préhistoire et protohistoire.
Vestiges sur le territoire de la commune de Plouguin
L'homme moderne (Homo sapiens sapiens) existe depuis 40 000 ans environ
La fin de la dernière glaciation date de 10 000 ans environ.
Avant cette époque notre région était soumise à
un climat froid. Les glaces descendaient jusqu'au milieu de l'Angleterre.
La Manche n'existait pas. L'Angleterre n'était pas une île.
Dans la plaine qui existait au nord de la Bretagne coulait un fleuve qui
rejoignait l'Océan Atlantique: la Seine. Plouguin n'était
pas proche de la mer.
Les animaux qui fréquentaient nos régions étaient
des rennes, des aurochs, des mammouths et quelques grands prédateurs:
loups, lynx, tigres.
La population était peu nombreuse, elle connaissait le feu,
le travail de l'os, de la corne, du bois, du cuir. Ce qui est parvenu jusqu'à
nous se limite à des silex taillés (grattoirs, hameçons,
pointes de flèches...) . Il faut noter quand même que le silex
étant peu abondant dans nos régions, il existait certainement
des échanges avec d'autres régions.
Habillés comme nous, éduqués à la façon
d'aujourd'hui, les hommes de cette époque passeraient inaperçus
au milieu de nous. En particulier, leur intelligence n'était pas
différente de la notre.
La fin de l'ère glaciaire a modifié l'aspect de la région.
La température plus douce a permis l'apparition d'une végétation
plus abondante, la forêt a progressé. La montée du
niveau de la mer, due en partie à la fonte des glaces, a permis
la formation de la Manche.
Le décor était mis pour le développement d'une
civilisation.
Les hommes qui étaient là, ou d'autres hommes venus de
l'est, ont occupé les régions côtières.
La population a crû grâce aux bonnes conditions climatiques.
Les hommes ont appris à utiliser les ressources de leur milieu.
Inventées sur place ou venues d'ailleurs, les techniques se sont
multipliées. Les échanges avec l'extérieur se sont
accrus, certains se sont spécialisés dans le travail de la
pierre, du bois, des fibres, de l'argile, de la terre. Des ateliers se
sont créés. La navigation par mer a permis de multiplier
les échanges avec des peuples lointains, au nord et au sud.
C'est l'aube de la civilisation. Il ne manque qu'une chose: la découverte
et le travail des métaux: cuivre, bronze, or, fer. Le métal
est rare et précieux, on l'utilise comme ornement, puis pour fabriquer
des armes et d'autres objets qui sont parfois parvenus jusqu'à nous..
Le travail des archéologues est aujourd'hui bien codifié.
Le scientifique qui "fouille" un site le fait de façon très
minutieuse pour faire "parler" tout ce que cache le sol: pollens, cendres,
tessons. Il n'en était pas de même il y a 100 ans ou plus,
quand ont été rassemblées de grandes collections de
vestiges: épées, haches polies, monnaies etc...au détriment
bien souvent de la préservation et de l'étude des sites.
L'activité de l'homme depuis le début du siècle a
aussi détruit de nombreuses traces du passé. Auparavant même,
l'activité des tailleurs de pierre, ou certaines décisions
religieuses pour lutter contre le "culte des pierres" ont occasioné
la destruction de nombreux mégalithes.
Cela explique la rareté des vestiges aujourd'hui visibles sur
la commune: quelques tumulus, deux menhirs, des stèles, deux "camps
romains", quelques haches en pierre.
Les menhirs de Locmajan et de Kervignen ont été érigés
environ 4000 ou 5000 ans avant notre ère. Le niveau de la mer était
alors à peu près le même qu'aujourd'hui.
Seuls quelques silex taillés et divers outils en pierre (par
exemple le biface (5K) trouvé à
Kervellec) témoignent d'une présence antérieure de
l'homme dans notre région. Ces pièces sont souvent trouvées
par hasard sur le sol, mais des prospections systématiques ont permis
de déceler plusieurs sites de taille de silex sur les coteaux. Par
contre, il n'y a pas de trace d'inhumations, de poteries, de mégalithes
datant de ce lointain passé. Pas d'ossements non plus, le sol très
acide de notre région ne permettant en général pas
leur conservation